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Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi la forêt disparaissait au fil de vos pas ? Pourquoi sanglier et mouflons ne se côtoient pas ? Promenez-vous avec nous et découvrez la biodiversité qu’abrite chaque étage de la montagne.

Dessin des quatre étages de la montagne

La montagne est un écosystème très varié où le paysage peut rapidement changer. En effet, au fil de la randonnée, il est possible de croiser une multitude de milieux naturels. En étant avertis, ces changements se comprennent. À la vue d’un arbre, d’un animal il est même possible de déduire l’endroit où le promeneur se trouve. Au gré de cet article, initiez-vous à l’écologie montagnarde. En phase avec la nature et les écosystèmes, sa connaissance valorise le voyage éco-responsable

Vous découvrirez des éléments de biodiversité qui se succèdent au fil de votre ascension jusqu’au sommet. Chaque nouveau milieu est un émerveillement devant la richesse immense de la faune et de la flore montagnarde.  Scientifiquement, en écologie, ces milieux sont désignés “habitats naturels”. Ces derniers sont caractérisés par la végétation qui s’installe à un endroit plutôt qu’à un autre selon certains facteurs. En montagne, l’altitude est un de ces facteurs prédominants. Il s’agit de parler d’étagement, qui constitue la trame de notre voyage vers les sommets.

Top départ : l’arrivée au hameau

Premier étage de la montagne

Le premier étage de la montagne, le plus souvent là où le promeneur se gare, est appelé étage collinéen. En dessous de 1000m, la présence de l’Homme prédomine. Vigne, champs, hameau, habillent le paysage. Il n’est pas pour autant impossible de faire de belles rencontres. La faune a su cohabiter avec l’homme depuis qu’il est venu se nicher dans ces montagnes. Certaines espèces sont même dépendantes de ses activités.  Ce sont les espèces anthropophiles. L’Effraie des clochers ulule au village alors que le Faucon crécerelle chasse les campagnols des champs. Entendez-vous leurs cris qui se perdent au loin ? 

Létage montagnard et la forêt

Vous vous êtes émerveillés de la vie au hameau et bien équipés pour partir en promenade, vous commencez la marche. Le décor change. Vous rentrez dans la forêt, jusqu’à passer les 800 mètres où vous atteindrez l’étage montagnard.

Que l’on se trouve à l’adret ou à l’ubac, c’est-à-dire sur la face ensoleillée ou celle ombragée, la forêt sera différente. 

Au sud, les feuillus captent toute la lumière du soleil, les forêts de chênes, d’hêtres ou encore de charmes s’étalent sur ce côté de la montagne. Au nord, c’est les conifères qui dominent, leur croissance rapide et leur capacité à capter les rayons du soleil même l’hiver,  leur permettent d’être plus compétitifs que les feuillus. C’est justement pour ça que les forestiers plantent souvent des épicéas ou des sapins, pour optimiser leur production de bois… Mais si ! Vous savez, ces alignements d’arbres si parfait !

À cet étage se trouvent les meilleurs coins à champignon. En s’arrêtant un moment, la forêt se réveille. Vous entendez gratter légèrement, le vent qui caresse la ramure des conifères. Profitez encore des minces rayons de soleil qui traversent la clairière. Ces sons sont alors sans appel, le sanglier et l’écureuil sortent de leur cachette. 

En automne, il n’est pas impossible d’entendre la forêt gronder. C’est le brame du cerf ! À la recherche d’une conquête, il remonte la montagne pour sortir de la forêt. 

Vers les nuages, l’étage subalpin

L'étage subalpin de la montagne

À plus de 2000 m, nous rentrons maintenant dans l’étage subalpin. Le sommet se dessine entre les nuages et la vue est imprenable sur la vallée. C’est l’heure de la première pose, la montagne se contemple sans effort et nous apaise.

Ici la prairie domine. Les vaches, venues en estives, entretiennent une coupe parfaite. Une fois de plus, les milieux ouverts sont favorables à une biodiversité éclatante. Par-dessus les têtes, les rapaces volent en cercles au-dessus de leur prochaine proie. Les marmottes sifflent pour annoncer le danger. L’homme, en amenant ici les vaches en pâturage, joue un rôle majeur dans l’écosystème. Sans eux, les genévriers et autres arbustes recouvriraient cet étage au détriment de nombreuses espèces. 

Heureusement les bovins vous ont laissé quelques myrtilles ! 

Dans le creux de la montagne coulent des rivières qui se jettent dans un lac. Ces zones humides de montagne abritent  des demoiselles, des truites et avec un peu de chance, il est possible de voir des salamandres tachetées. En regardant vers le haut, le sentier se devine plus facilement, coincé entre deux falaises.   

Quelques efforts avant l’arrivée au sommet

L'étage alpin de la montagne

Dans l’étage alpin, la végétation commence à se faire rare et laisse place à la roche. À 2500m les vents froids descendent de la crête.  Vous n’êtes pourtant pas seul. Les mouflons, chamois ou isards sautent de roche en roche à la recherche d’un brin d’herbe. Le dernier étage de la montagne s’appelle l’étage nival. Un glacier creuse la montagne mais en fondant, il alimente les ruisseaux de celle-ci. Le réchauffement climatique a accéléré sa fonte, l’eau coule davantage et la roche est atteinte. Les précipitations qui nourrissaient le glacier ne sont alors plus suffisantes. 

En effet, les glaciers sont des thermorégulateurs avec une multitude de rôles. Par exemple, ils refroidissent les cours d’eau, rendant celle-ci à la température parfaite pour les espèces qui y vivent. Les saumons et les truites qui ont remonté les fleuves pour pondre sont très sensibles à ces changements de températures. De plus, plus l’eau est froide, plus elle est oxygénée. La vie aquatique montagnarde s’est adaptée à ce type d’eau oxygénée, cependant, elle ne saurait s’adapter à un changement aussi brutal.  Mais la chaleur touche aussi le permafrost, ce ciment qui tient la roche en place. En effet, le gèle et dégèle de l’eau infiltrée dans le roc fragilise les falaises qui finissent par s’effondrer.

En s’aventurant au-dessus des crevasses du glacier, il est possible d’atteindre le sommet. D’ici, toute la chaîne de montagne se dévoile. Vous êtes arrivés et pouvez contempler le fruit de vos efforts. La beauté est infinie, magique. 

L'étage nival de la montagne

La montagne se comprend grâce à l’écologie mais en la pratiquant elle devient une poésie. La montagne c’est des histoires. La montagne c’est la cohabitation entre l’Homme et la nature. En son sein, est donné un véritable exemple où l’Homme est alors nature. 

Prendre le temps de l’observer et de l’admirer c’est marcher à son rythme. C’est la comprendre et la respecter. En retour, elle nous permet de mieux nous comprendre nous-même, de nous dépasser, et des fois même de nous accomplir. Tout cela en se reconnectant si simplement à la nature le temps d’une promenade. Et en préservant ses habitats naturels sur la route.

 Que la montagne est belle ! – Odette Bernezat.  

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