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Les Maldives, la carte postale du paradis sur terre par excellence. Hôtels sur pilotis, plages d’un blanc immaculé… « Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté ».

Puis vint la Chute : pollution plastique, atmosphérique, dépendance au tourisme, montée des eaux, problèmes sociaux… et le navire prend l’eau. 

Faut-il pour autant arrêter de se rendre dans cette destination  ? Comme Noé, n’est-il pas encore temps de nous sauver ? Un tourisme durable n’est-il pas possible aux Maldives ? 

Pratap, Maldives

Pour le savoir, nous nous sommes entretenus avec Pratap Lall, fondateur du Monde en Un Regard, l’agence de voyages qui nous invite à regarder le monde autrement. 

La carte postale prend l’eau

Les Maldives et le dérèglement climatique

L’archipel aux presque 1200 îles perdues au cœur de l’océan Indien est l’État le plus “bas” au monde. De ce fait, il est particulièrement vulnérable au dérèglement climatique. Selon différentes études,

80% de l’archipel pourrait même devenir inhabitable d’ici 2050. D’après une étude citée dans le dernier rapport du GIEC (2022), les Maldives font partie des 5 États qui risquent de se retrouver complètement sous les eaux.

Malé, Maldives

Malé, capitale des Maldives ©️Canva

Surconsommation des ressources

L’exploitation minière du corail et le dragage de sable ont aussi leur part de responsabilités dans le naufrage maldivien. Le sable et le corail sont utilisés pour les constructions, afin d’agrandir les îles, voire d’en construire de nouvelles (victimes aussi de la montée des eaux…). 

La surconsommation de sable est aussi due à une “nécessité” de maintenir en parfait état l’image des plages de sable fin.

Bref, c’est le serpent qui se mord la queue puisque le récif corallien protège les îles de l’érosion. Détruire le récif corallien, c’est devenir de plus en plus vulnérable à la montée des eaux. 

Quand l’atoll devient « île-hôtel »

Les images satellites ci-dessous montrent deux atolls, avant (2016) et après (2022) leur agrandissement pour la construction d’hôtels. Les atolls deviennent des “îles-hôtels”. Cette urbanisation et la présence humaine vont alors perturber et fragiliser ces zones de biodiversité. 

Sur les images de l’hôtel Varu Atmosphère, nous remarquons l’apparition d’un rectangle foncé à droite de l’île. Cette tâche nous laisse émettre l’hypothèse qu’il s’agit de la disparition de sable, dragué pour l’agrandissement de l’île et la construction de l’hôtel. 

Hôtel Jumeirah, ouvert en octobre 2021

Jumeirah Hôtel 2016 Maldives
Jumeirah, Rgb, 2016 ©️ Planet NICFI, Résolution spatial 5m
Jumeirah Hôtel 2022 Maldives
Jumeirah, Rgb, 2022 ©️ Planet NICFI, Résolution spatial 5m

Hôtel Varu Atmosphere, ouvert en 2019

Varu 2016
Varu, Rgb, 2016 ©️ Planet NICFI, Résolution Spatial 5m
Varu 2022 Maldives
Varu, Rgb, 2022 ©️ Planet NICFI, Résolution Spatial 5m

Quand l’atoll devient « île-poubelle »

Côté pollution plastique et atmosphérique, les Maldives ne sont pas en reste. La gestion des déchets est un défi de taille pour l’archipel composé de milliers d’îles et d’atolls perdus au milieu de l’océan Indien. 

 À Thilafushi, le paradis se transforme en enfer

La quasi-totalité des déchets générés sont entreposés dans des îles-poubelles comme Thilafushi.

 À noter qu’aux Maldives, les touristes génèrent quotidiennement et individuellement plus de 7 kilos de déchets, contre un peu moins de 3 kilos pour un Maldivien.

La fumée toxique des déchets qui terminent brûlés vient polluer l’atmosphère et représente un problème de santé publique pour les habitants de la capitale Malé, située à seulement 8km de l’île-poubelle.

Beaucoup de déchets terminent également leur course dans l’océan, notamment les micro et nano plastiques, qui endommagent les récifs coralliens, sont ingérés par les animaux marins, contaminent la biodiversité marine… et finissent dans nos assiettes.

Ile-poubelle aux Maldives

Île-poubelle de Thilafushi, à quelques kilomètres d’un resort et de la capitale ©️Google Maps (2022)


Aux Maldives, des enjeux socio-économiques forts 

Une économie à diversifier

Autrefois, les Maldives étaient réputées pour la production et l’exportation de noix de coco (cordes de coco et autres produits dérivés), de cauris, de thon séché, d’ambre gris (maavaharu) et de coco de mer (tavakkaashi).

Aujourd’hui, l’essentiel du PIB du pays repose sur le tourisme et ses secteurs indirects (BTP, Immobilier, Transport). La pêche et l’agriculture ne contribuent plus qu’à 4,7% du PIB.

Une dépendance au tourisme qui a montré ses limitess lors de la pandémie covid-19. Alors, pourquoi vouloir développer un tourisme durable aux Maldives ? 

Cauris Maldives

Les cauris, une spécialité maldivienne ©️Canva

Grâce au tourisme durable ?

Parce que le tourisme durable peut impulser une diversification économique !

Pratap nous explique qu’un tourisme « intelligent » peut contribuer à financer d’autres secteurs pour aider un pays à devenir plus indépendant.

Par exemple, en aidant à la construction d’usines, en aidant à construire des infrastructures hospitalières, d’éducation, etc.

Mais c’est l’ensemble des acteurs touristiques qui doit prendre part à ce changement : de l’hôtelier à l’Etat, en passant par les voyageurs, les agences de voyage, les banques, les ONG, etc. Une durabilité qu’il faut donc planifier, structurer. 

Pratap, Maldives

Une durabilité à structurer 

Un vent de durabilité souffle de plus en plus sur les Maldives, avec des plans structurants comme le Maldives Clean Environment Project (MCEP) et le Maldives Enhancing Employability and Resilience of Youth (MEERY).

Ces projets soutenus par la Banque Mondiale visent à aider le gouvernement à développer

un système de gestion durable des déchets et à éduquer les jeunes générations sur le développement durable.

Des premières actions sont déjà mises en place. Au 1er juin 2022, le gouvernement a interdit la production, l’importation et la consommation de plastiques à usage unique.

Des nouvelles rassurantes qui permettent au tourisme d’agir encore plus concrètement en faveur du développement durable.

Par ailleurs, Pratap nous informe qu’il existe de nombreuses ONG locales auprès desquelles les touristes peuvent s’engager pour avoir un impact positif à destination.


Un voyage solidaire avec Le Monde en un Regard

Voyager pour comprendre le monde

Pratap, Maldives

Au départ plutôt sceptique à l’idée d’envoyer des clients sur l’archipel maldivien, Pratap accepte, à condition que ces séjours permettent aux voyageurs de comprendre l’île, son peuple et qu’ils aient un impact positif. 

Pour Le Monde en un Regard, l’essence du tourisme durable réside dans la rencontre avec les habitants.

Une rencontre qui peut-être difficile aux Maldives puisque les îles habitées sont souvent séparées des îles-hôtels. En effet, les Maldives sont une République Islamique aux valeurs plutôt loin des mœurs du tourisme de luxe international.

Mais comme sur ses autres destinations (lire notre article sur Madagascar), Pratap identifie des associations locales pour permettre aux touristes d’agir, de rencontrer et de comprendre le peuple : d’avoir un autre regard.

Par exemple, sur le volet de la santé, les infrastructures sont plutôt mauvaises aux Maldives.

En cas de problème grave, ceux qui le peuvent partent se faire soigner en Inde. Un tourisme durable pourrait contribuer à construire de meilleures infrastructures hospitalières.

Les Maldives sont aussi réputées pour leurs coquillages…

mais ceux-ci sont envoyés en Inde pour la fabrication de bijoux.

Le tourisme durable pourrait contribuer à relocaliser la fabrication de bijoux en finançant de petites usines. Cela permettrait de créer de l’emploi et de diversifier l’économie. 

Des activités durables et utiles

Un voyage aux Maldives avec

Activités de protection du corail 

Snorkeling

Repas chez l’habitant 

Soutien aux artisans (broderie, bijoux…) 

Apport de matériel dans les écoles

Logement dans des hôtels durables

Séjour dans des hôtels éco-responsables

Plantation de noix de coco 

Pratap, Maldives

Voyager pour un monde meilleur

La philosophie Le Monde en un Regard, c’est de voir le tourisme comme une vague. Le voyageur arrive et repart en laissant quelque chose. En échange, il revient chez lui changé : meilleur. 

Zoom sur Le Monde en un Regard

Pratap Lall travaille dans le tourisme durable depuis 1982. 

Depuis 40 ans, il regarde le monde différemment et invite les voyageurs à le regarder avec lui. 

Son objectif : faire découvrir aux touristes les pays sous un œil différent, en leur montrant, sans filtre, ce que le tourisme classique tend généralement à occulter : les réalités du pays, leurs problématiques socio-économiques, la pauvreté.

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